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L'Eco Repair Score® transforme la réparation en faveur de la planète

L'Eco Repair Score vise à réguler le secteur de la réparation-collision en évaluant de manière scientifique l'impact environnemental de chaque opération. Cette approche encourage l'adoption de pratiques plus durables et responsables en matière de réparation automobile.

L'idée a émergé lors de l'élaboration de la loi Climat et Résilience en 2021, visant à imposer un éco-score pour afficher l'impact environnemental des biens et services. L'objectif est de guider les consommateurs vers les produits les plus respectueux de l'environnement. Reprenant ce principe, le cabinet d’expertise belge Vonck, en partenariat avec l’institut de recherche flamand indépendant Vito, a mis au point l’Eco L'Eco Repair Score transforme la réparation en faveur de la planète S'ABONNER Repair Score, une mesure permettant d’évaluer scientifiquement l’impact environnemental de la réparation en carrosserie.  
 

Ce score, évalué de A à E, prend en compte tous les éléments impliqués dans une opération : la méthode de réparation, la fabrication des pièces, le transport, les travaux de peinture, le recyclage des déchets (pièces, produits, emballages, etc.), ainsi que la consommation d’énergie. L'intégralité du processus de fabrication et de réparation est scrutée de près. 
 

Le développement de l’Eco Repair Score a nécessité la constitution d’une base de données à partir d’une dizaine de milliers de procès-verbaux d’expertise. Plus d’un millier de pièces, les plus couramment utilisées, ont été commandées pour vérifier leur composition, leur poids et leurs dimensions. La base de données inclut également des informations sur l'origine des pièces et la taille de leur emballage.  
 

Pour évaluer la performance écologique d’une réparation, l'algorithme utilise des ensembles de dossiers de sinistres ou des outils de chiffrage qui fournissent la méthodologie et les données d'entrée. Il prend en compte et reconnaît différents types de réparations, comme une remise en état avec une pièce neuve, d'occasion, une pièce réparée, avec ou sans peinture (débosselage uniquement), localisée ou non. Ensuite, une évaluation basée sur la méthode ReCiPe est effectuée pour mesurer l'impact environnemental sur 17 types d'émissions nocives pour la santé humaine (ozone, particules, acides, pollution de l'eau, etc.), et pas seulement les rejets de CO2. Enfin, un ensemble de pondérations aboutit à l'Eco Repair Score. 
 

Un éco-score certifié 

Selon Kévin Le Blévennec, ingénieur en charge de déployer le dispositif en France, ancien collaborateur de Vito, la méthode d’évaluation scientifique utilisée par l’Eco Repair Score a fait ses preuves. Une revue critique du modèle de calcul et des choix méthodologiques a été menée et approuvée par une experte en analyse du cycle de vie, qui est également membre du conseil consultatif technique sur l'empreinte environnementale de la Commission européenne. 
 

Les critères de l’Eco Repair Score sont fiables, vérifiables et objectifs, ce qui est essentiel pour assurer la crédibilité du dispositif. Bien que les fondations de l'Eco Repair Score semblent solides, l'entreprise Eco Repair Score NV, créée par le bureau d'expertise Vonck, doit maintenant relever le défi de créer un consensus au sein de l'écosystème de la réparationcollision. Cela implique d'impliquer toutes les parties prenantes, notamment les réparateurs, les assureurs, les experts, les éditeurs informatiques et les fournisseurs. D’où l’idée de mettre en place l’an prochain une coalition européenne pour en assurer le développement et l’adoption au niveau de la méthodologie comme de la base de données qui doit être en permanence enrichie.  
 

L'objectif ultime est de faire de l’Eco Repair Score un système de notation normalisé au niveau de l’Europe d'ici à 2027, tant pour la carrosserie que pour l’entretien automobile. « Avec l’Eco Repair Score, les consommateurs européens pourront prendre des décisions de réparation plus éclairées et plus respectueuses de l’environnement », estime Kévin Le Blévennec. Tout comme les donneurs d’ordre cherchent à maîtriser les coûts de réparation, la performance environnementale devient un paramètre de plus en plus pris en compte. Les assureurs, désormais soumis à la directive CSRD (qui exige un rapport de durabilité pour identifier leur engagement en matière de développement durable), se montrent sensibles à cette question. Ils attendent de leurs sous-traitants un engagement toujours plus grand en faveur des bonnes pratiques environnementales. 
 

AXA premier utilisateur en Belgique

En Belgique, AXA a été le premier assureur à opter à grande échelle pour l’Eco Repair Score. L'objectif de la compagnie est de réduire de 25 % les émissions liées aux réparations de véhicules d'ici à fin 2026. Ce qui équivaut à 5 000 tonnes d’équivalent CO2 ou aux émissions de 1 500 voitures à moteur thermique traditionnel pendant un an. AXA Belgium souhaite généraliser l'utilisation de cet outil à ses 100 000 dossiers de sinistres annuels et contribuer ainsi à la durabilité environnementale. Le premier assureur en Belgique a demandé à ses réparateurs agréés de mettre en place l’Eco Repair Score. AG Insurance soutient également le dispositif de notation, simple à mettre en œuvre puisqu'il peut être branché aux solutions de chiffrage par une API. D’autres clients sont en cours de signature ou sont sous accords de confidentialité.  
 

Réparer plutôt que changer comme devise

Les premières utilisations de l’Eco Repair Score révèlent que le facteur ayant le plus d'impact sur l’environnement est d’éviter la remise en état par le remplacement d’une pièce neuve, une pratique devenue un réflexe chez de nombreux réparateurs pour diverses raisons. Il est bien plus écologique de réparer la pièce accidentée. Les calculs partagés par Kévin Le Blévennec montrent que si on augmente de seulement 1 % le taux de réparation, on épargne l’émission de 400 kg d’équivalent CO2 tous les 1 000 dossiers. Cela représente aussi une économie de 20 000 euros pour les assureurs, car une réparation écologique est aussi une réparation moins coûteuse. Pour l’ingénieur, il serait déjà bien d’arriver à augmenter le taux de réparation de 10 % d’ici à 3 ans. « Il faut en finir avec la pratique qui consiste à changer une pièce plutôt que de la réparer. Le coût environnemental le plus élevé reste dans la production d’une pièce avec l’extraction et la transformation des matières premières », explique-t-il. À cela s'ajoute le transport de la pièce. 
 

L’utilisation de pièces d’occasion peut cependant s’avérer être un bon compromis. Febelauto, l’organisation belge des recycleurs automobiles, a bien compris cela en mettant à disposition du grand public le calculateur Eco Repair Score. En entrant le modèle de véhicule et la pièce à remplacer, le consommateur peut avoir une idée des économies de CO2 réalisées en optant pour des pièces d’occasion. La plateforme de fourniture en pièces d’occasion, ClaimsParts, soutient également cette initiative.  
 

Un autre aspect bénéfique pour l'environnement est de remettre en état en minimisant les travaux de peinture ou en utilisant des technologies à haut pouvoir couvrant et à séchage rapide, tout en privilégiant les réparations localisées. Ces aspects sont souvent mis en avant par les fabricants, mais parfois exagérés par le greenwashing. L’Eco Repair Score pourrait agir comme un arbitre impartial et contraindre les chimistes à adapter leur production et leur offre en conséquence, à l'instar des industriels de l'alimentaire qui ont dû revoir certaines recettes sous la pression du nutri-score. 
 

Un outil de sensibilisation 

Bien que nous n'en soyons pas encore là, le principe de l’Eco Repair Score a pour première vertu de sensibiliser à l’écoréparation en fournissant de nombreuses données et informations sur l'impact environnemental associé aux différentes méthodes de réparation, ainsi que sur les facteurs d'influence clés tels que la consommation d'eau, de gaz, d'électricité, de peinture et de pièces. Cela est rendu possible en générant automatiquement un rapport environnemental supplémentaire lors de l'estimation des coûts d'une réparation. À partir de ce rapport, les garages peuvent prendre des mesures appropriées, tandis que les assureurs peuvent fixer des objectifs de réduction de l’empreinte carbone de leurs réparateurs agréés et orienter les clients vers les ateliers les plus respectueux de l'environnement.

 

Source: Auto Infos.fr